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Les différents protagonistes de l'Évangile

 

Lors des veillées, six évangélistes vont prendre la parole. Leurs propos sont rapportés par l'auteur qui, lors de l'introduction de chaque soirée, en profite pour nous donner une brève description de l'évangéliste du soir. Dressons donc brièvement le portrait de ces personnages. Les gravures ci-dessous sont extraites de l'imprimé datant de 1486-1487 de la BNF (Bibliothèque nationale de France).

Âgée de 65 ans, elle était fort belle autrefois. Désormais, elle est fort ridée.

 

L'auteur l'a décrite physiquement comme ayant les yeux enfoncés et une grande bouche. Il s'agit là d'une description typique de la vieillesse.

 

Elle aurait eu cinq maris et de nombreux amis. Son dernier mari est fort jeune, ce qui la rend jalouse.

 

Ysengrine est une sage-femme et s'occupe des jeunes enfants. Mais il est mentionné que dans sa jeunesse, elle recevait les grands enfants.

Dame Transeline du Croq
Dame Ysengrine du Glay

Dame Transeline est une femme de renom, âgée de 60 ans environ.

 

Elle est longue et maigre. 

 

Elle connaît l'art de la géomancie, de la divination et sait lire l'avenir. Elle est donc un peu sorcière.

 

Il est dit que "ayant un jour mangé une soupe avec Vénus, faite au chaudron d'amours, elle ne cessa depuis d'exercer son service avec les sujets de celle-ci." Elle a donc exercé le métier de maquerelle.

Dame Abonde du Four

Plus jeune, dame Abonde du Four était marchande de luxure.

 

Elle était fort belle, mais désormais l'excès de vin et de nourriture font que "sa rondeur égale presque sa hauteur".

 

L'auteur précise qu'elle a étudié pendant sept ans au collège de Glatigny (à Paris, à l'époque, la rue Glatigny était la rue des prostituées).

Dame Sébile des Mares

Elle est âgée d'environ 57 ans et est grande et maigre.

 

Dame Sébile se dit gentille femme à cause de ses origines, sa grand-mère venant de Savoie et plus précisément de Vaux. Cette région est réputée comme étant une terre d'hérétiques et de sorcellerie

 

Elle aime avoir le dernier mot.

Dame Gomberde la Faée

Sa mère est originaire d'Auvergne et son père du Piémont. Elle se dit gentille femme et devant les gens elle affiche des manières simples et belles.

 

En réalité, c'est une maquerelle qui accepte les rémunérations en vin. Elle excelle dans ce domaine car elle est fort subtile.

Dame Berthe de Corne

Âgée de plus de 80 ans, elle est la fille de Regnaut de Corne, un homme sage qui avait étudié à Toulette la grammaire, la médecine et la géomancie. Il a instruit sa fille et elle a exercé en cachette.

L'auteur

Une chose certaine est que les auteurs sont de la même région. Des indices comme les villes mentionnées, les marques linguistiques et lexicales situent les Ã‰vangiles des Quenouilles dans le Duché de Bourgogne vers le milieu du XV áµ‰ siècle.

 

Dans le manuscrit, l'auteur fait plusieurs fois allusions à son âge avancé : lorsque la fatigue le gagne en fin de veillée ou lorsqu'il refuse les avances de certaines évangélistes. Mais peut-être s'agit-il tout simplement de modestie?

 

 

L'identification de l'auteur pose problème. Certains manuscrits sont anonymes et d'autres signés de noms inconnus.

La version C ¹ se dit être la compilation par trois "honorables et discrètes personnes; maistre Fouquaut de Cambray, maistre Antoine de Vial et Jehan d'Arrras dit Carron". 

Les Ã‰vangiles des Quenouilles seraient donc une compilation par plusieurs auteurs. Cette hypothèse est corroborée par les différentes versions, complétées au fil du temps.

 

 

 Â¹ Chantilly, musée de Condé, 654.

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Dernière mise à jour le 6 mai 2015.

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